Le chat dans la sculpture

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Aucun animal n'est moins monumental que le chat, si ce n'est peut-être la souris : il ne faut donc pas s'attendre à trouver, élevées à sa gloire, des sculptures aussi amples que les lions de la place Saint-Marc ou aussi nobles que les chevaux qui montent les statues d'innombrables rois et princes.

Dans la sculpture comme dans la peinture, le chat a souvent été un sujet négligé par les artistes. Il était évidemment assez commun dans la statuaire égyptienne, à en juger par les nombreuses statuettes de chats et de chattes aux oreilles parées d'anneaux d'or, fabriquées sur les bords du Nil.

En Crète, une déesse agitant des serpents porte un chat sur sa tête (XVIIe Siècle av J.C), et de nombreux sceaux minoens sont ornés de têtes félines.

Les sculpteurs grecs, en revanche, l'ignorent superbement : seul un bas relief de marbre découvert non loin d'Athènes (VIe siècle av J.C) représente un chat et un chien que leurs maîtres font combattre.

Sans doute dans le sillage des vétérans de la campagne d'Egypte, le chat s'introduit des les premiers siècles de notre ère dans la statuaire romaine.

Des statuettes de chats, certaines importées d'Egypte, d'autres produites localement mais d'inspiration exotique, ont été retrouvées en Gaule et dans le reste de l'empire romain.

Ces chats, la plupart du temps sagement assis, parfois affublés d'un collier, constituant probablement des objets votifs utilisés dans le cadre des cultes isiaques (culte à la déesse Isis).

Mieux, les reliefs sculptés des tombes gallo-romaines nous montrent les premiers félins indubitablement domestiques, en présentant des jeunes enfants serrant dans leurs bras leur animal favori.

La plus belle de ces stèles émouvantes (Ier-IIe siècles) est celle de Laetus, retrouvée à Bordeaux en 1831.

Des églises aux chats de pierre et de bois

Il faudra bien des siècles avant que les sculpteurs n'associent de nouveau hommes et chats. En Irlande, la croix de Monasterboice (Xe siècle) porte à sa base deux chats énigmatiques, qui tiennent dans leurs pattes des sortes de grenouilles.

Dans la petite église de Neuvy-Saint-Sépulcre (XIIIe siècle), un chapiteau accueille un chat couché sur le dos, les pattes écartées, entre deux singes...

D'autres églises présentent des têtes de chats ou, comme les cathédrales de Bari et d'Altamura, un chat tenant un rat dans sa gueule. A Tarragone, le cloître de la cathédrale présente une véritable histoire de pierre : des rats portent le cadavre d'un chat tandis que, sur le chapiteau suivant, le rusé se jette sur les rats qu'il a abusé.

Un tympan de collège Saint-Ursin à Bourges place un chat dans l'arche de Noè. A la fin du Moyen-âge et de la Renaissance, les huchiers, ou les sculpteurs sur bois, glissent parfois un chat sur les miséricordes, la partie des stalles qui échappait aux regards lorsque les chanoines y étaient assis.

Les chats y côtoient des souris, des chiens, ou y figurent avec leur maîtresse. Aux XIXe et XXe siècles, le chat reste un sujet rare. Des sculpteurs comme Louis Barye ou Rembrandt Bugatti modèlent cependant des séries de chats, et Steinlen le sculpte aussi bien qu'il le peint.

Si les oeuves sont rares, il en est de magnifiques : ainsi le chat longiligne d'Alberto Giacometti, quintessence du chat passe-muraille, qui se glisse et se faufille partout.

Ou encore le chat de bronze, fondu par Valsuani pour Picasso (1943). Plus contemporaine enfin, l'oeuvre étrange du sculpteur allemand Dieter Roth (1968), intitulée Le Tombeau du chat.  

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