Les chats des rois

charles IX et chat

Son histoire et ses moeurs font du chat, suivant le point de vue, un démocrate, un vagabond, un rebelle, en bref, un animal de peu. Sa réputation, il la traîne dans les gouttières, qu'il préfère, dit-on, aux coussins.

Et ce n'est que sur le tard qu'il a obtenu ses entrées chez les grands de ce monde.

"Je serais un excellent pacha...Les pachas aiment les tigres, moi j'aime les chats : les chats sont les tigres des pauvres diables. Hormis les chats, je n'aime rien, je n'ai envie de rien..." Théophile Gautier.

Sur le tard ? En Europe sans doute, mais pas en Egypte où, un millènaire ou deux avant notre ère, les chats étaient les favoris des princes. La reine Tiyi (18e dynastie, vers 1580-1315 av J.-C) a été représentée assise dans une barque, avec un chat sous son fauteuil.

Le prince Thoutmosis, fils d'Aménophis III ( vers 1400 av J.-C) fit ensevelir celle qu'il appelait "la chatte" dans un sarcophage de calcaire qui la figure assise devant une table chargée d'offrandes.

Quelques siècles plus tard, du côté de Byzance, surgit une autre amie des chats, l'impératrice Zoé (vers 980-1054). Fille de constantin IX, elle fit assassiner son premier mari, Romain III, pour épouser son chambellan, qui accéda au trône sous le nom de Michel IV.

Après la mort de ce dernier, à 60 ans, elle convola pour la troisième fois avec Constantin X. Son chat, si l'on en croit la légende, était mieux traité que ses maris : il mangeait dans de la vaisselle d'or à la table impériale et profitait de la passion de sa maîtresse pour les parfums.

Un symbole politique...

En extrême-Orient, cette fois, une autre impératrice, Wu Chao (624-705), partage avec Zoé une vie agitée et l'amour des chats. Ayant dressé son chat à manger dans le même plat que son perroquet, elle en fit un symbole politique, exhibant cette amitié comme le signe d'un empire reconciliè jusquà ce que, hélas, le chat finisse par manger le perroquet !

Le onzième empereur de la dynastie Ming, Chu Hou-Tsung (1507-1566), avait aussi un chat favori : sur sa tombe, il fit graver trois signes signifiant "tombe d'un dragon avec deux cornes", formule qui désignait allégoriquement l'homme supérieur.

...ou de liberté

Dans nos contrées, les rois semblent avoir fait moins de cas des chats. On ne sait si Howel Dda, roi du pays de Galles au Xe siècle, aimait les chats...Mais on lui doit la première, voire la seule, législation féline ; les trois codes qu'il fit promulger pour les trois parties de son royaume précisent la valeur et le rôle du chat dans la société suivant le rang de son propriétaire.

L'un d'eux définit même la peine encourue par un voleur de chat, en distinguant le chat ordinaire du chat qui garde les greniers royaux.

On sait aussi, grâce aux comptes de l'argenterie de la reine, qu'Isabeau de Bavière avait une chatte pour laquelle elle fit faire, en 1406, une couverture qui coûta 16 sous.

Héroard, médecin de Louis XIII, rapporte qu'en 1604, alors qu'il était  dauphin, le jeune homme demanda grâce pour des chats que l'on devait jeter au bûcher de la Saint-Jean, "tradition barbare et primitive" selon lui.

Louis XV aurait eu, quant à lui, plusieurs Angoras. Le roi de l'Eglise, cette fois le pape Léon XII, avait un chat favori, Micceto ( petit minet en italien), qu'à sa mort Chateaubriand adopta.

C'est le roi qui aimait le plus les chats, il possaidait un chat blanc qui lui rendait visite dans sa chambre tous les matins, et qui était même autorisé à siéger sur la table du conseil royal en présence des ministres.

Louis XIV avait une tendresse particulière pour un chat appelé "le Général" dont le peintre Jean-Babptise Oudry a réalisé le portrait dans le cadre d'une commande officielle royale. 

Un autre pape, Pie IX (1792-1878), aimait aussi les chats, il en possaidait un qui attendait qu'il termina de déjeuner, quand Pie IX avait terminé son repas, il servait au chat un repas spécial qui était servi à sa table.

Tout cela est toutefois peu de chose si l'on songe au nombre de chiens que possédèrent des générations de rois. Ce caractère populaire, joint à sa réputation d'indépendance, permit peut-être au chat de devenir pendant la révolution française le symbole de la liberté.

N'oublions pas enfin que, dans le monde merveilleux du conte, ce sont les chats qui sont les rois : Charles Perrault n'en a t-il pas fait la plus belle démonstration dans son célèbre chat botté ?

Les chats, pas tous amis des rois !

Malheureusement, tous les souverains n'avaient pas forcément de la sympathie pour les chats, Henri III (1551-1589) le pourfendeur des Huguenots, avait une peur bleue des chats au point de s'évanouir, à tel point qu'il en exécuta 30 000 sur toute la durée de son règne.

Louis XIV n'était pas non plus un férvent défenseur des chats, non comme son père Louis XIII qui les défendaient, le monarque alors âgé de 10 ans se réjouissait autour des bûchers où les chats rotissaient vifs. A cette époque, les perroquet, les chiens et les canaris avaient bien meilleure presse à la cour.

Louis XIV, en 1648, mis tout de même fin à la tradition de la mise à mort des chats jetés vivant dans les brasiers de la Saint-Jean.

Napoléon Bonaparte avait horreur des chats dont il était allérgique, il classe d'ailleurs le chat dans son code civil remanié comme un meuble, l'article 528 du livre II stipule : "sont meubles par nature les animaux et les corps qui peuvent se transporter d'un lieu à un autre, soit qu'ils se meuvent par eux mêmes, soit qu'ils ne puissent changer de place par l'effet d'une force étrangère."

Le paroxisme de l'aversion pour les chats se situa dans la deuxième partie du moyen âge, et l'inquisition en fit un animal démoniaque, initié par le pape Innocent VIII et son édit de 1484, eu pour conséquence de faire massacrer des chats lors de fêtes populaires barbares, ils furent nombreux à être brulés vifs sur la place publique lors des grands bûcher de la Saint-Jean.

Cette pratique stupide eu pour corollaire que le chat se trouva absent lors de la grande peste noire du XIVéme siècle...

En Angleterre sous le règne de Marie Tudor, le chat était brulé comme le signe de l'hérésie protestante, alors que sous Elisabeth 1er, on le brûlait comme le symbole de l'hérésie Catholique !

 

 

 

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