Aldous Huxley, impossible d'écrire sans une paire de chats...

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Fan de romans d'anticipation et de science fiction en général, Aldous Huxley est l'un de mes auteurs préférés, si l'on doit citer une oeuvre du grand écrivain, c'est évidement  "Le meilleur des monde" qu'il rédige en quatre mois en 1931 à Sanary- sur -mer, dans le sud de la France.

Aldous Huxley né le 26 juillet 1894 à Godalming au Royaume-uni, est un écrivain, romancier, poète et philosophe, diplômé de l'université d'Oxford, c'est aussi un humaniste, pacifiste et satiriste.

Il passe la dernière partie de sa vie aux Etats-unis, à Los Angelès de 1937 à 1963, année de sa mort, il est alors élu compagnon de littérature par la Royal Society of literature.

Huxley relate ses expériences de prise de drogues psychadéliques (la mescaline) dans des ouvrages non romanesques, comme "les portes de la perception" et "le ciel et l'enfer".

En 1938, il se lie d'amitié avec l'écrivain et philosophe indien Jiddu Krishnamurti dont il admirait les enseignements, il rentre également dans le cercle du philosophe indou Swami Prabhavananda.

Atteint d'un cancer de la gorge, Huxley meurt le 22 novembre 1963, après s'être fait administrer deux doses de LSD par son épouse.

Sa mort fût relativement éclipsée par la mort le même jour du président J.F. Kennedy.

Ce que l'on sait moins c'est qu'Huxley adorait les chats, à tel point qu'il ne pouvait pas s'en passer pour trouver l'inspiration, cette citation le prouve :"si vous voulez être un romancier psychologique et écrire sur les êtres humains, la meilleure chose à faire est de garder une paire de chat".

Huxley aimait beaucoup un chat Siamois qu'il laissait grimper sur sur son épaule pendant qu'il écrivait, dans son livre "Sermons chez les chats", il conseille à un jeune ami voulant se lancer dans l'écriture ceci :

Je l'ai suggéré à mon jeune ami littéraire, acheter une paire de chats. Oui une paire de chats. Siamois de préférence; car ils sont certainement les plus "humains" de toute la race des chats. Aussi le plus étrange et, sinon le plus beau, certainement le plus frappant et le plus fantastique. Pour quels yeux pâles inquiétants sortent du masque de velours noir de leurs visages ! Blanc neige à la naissance, leur corps s'assombrit progressivement jusqu'à une riche couleur mulâtre. Leurs pattes antérieures sont gantées presque jusqu'à l'épaule comme les longs bras de chevreau noir d' *Yvette Guilbert; sur leurs pattes de derrière sont serrés les bas de soie noire avec lesquels *Félicien Rops a d'une manière si perverse et indécente revêtu ses nus nacrés.

Leurs queues, quand elles ont des queues, et je recommanderais toujours au romancier en herbe d'acheter la variété à queue; pour la queue, chez les chats, c'est l'organe principal de l'expression émotionnelle et un chat Manx équivaut à une homme muet.

Leurs queues sont des serpents noirs effilés dotés, même lorsque le corps est au repos de sphynx, d'une vie spasmodique et inquiète. Et quelles voix étranges ils ont ! Parfois comme la plainte des petits enfants; parfois comme le bruit des agneaux; parfois comme le hurlement angoissé et furieux des âmes perdues. Comparés à ces créatures fantastiques, d'autres chats, aussi beaux et attrayants soient- ils, ont tendance à paraître un peu  insipides.

Eh bien, ayant acheté ses chats, il ne reste plus qu'au romancier potentiel que de les regarder vivre au jour le jour; marquer, apprendre à digérer intérieurement les leçons sur la nature humaine qu'ils enseignent; et enfin, car hélas, cette nécéssité ardue et désagréable se pose toujours, enfin, écrire son livre sur Mayfair, Passy ou Park Avenue, selon le cas.

Il m'est impossible, dans l'espace dont je dispose, d'énumérer toutes les vérités humaines qu'une paire de chats peut révéler ou confirmer. Je ne citerai qu'un seul des innombrables sermons sur les chats que renferme ma mémoire, un sermon qui, par sa ridicule pantomine, m'apporta vivement la particularité la plus triste de notre nature humaine : son irréductible solitude.

Les circonstances étaient les suivantes. Ma chatte, désormais épouse de longue date et plusieurs fois mère, passait par l'une de ses phases occasionnelles d'amour. Son mari, maintenant dans la fleur de l'âge et arborant cette arrogance endormie qui est la caractéristique du mâle mature et conquérant (il était maintenant l'équivalent félin de quelque hérculéen et bel officiers des gardes), refusa d'avoir quoi que ce soit à voir avec elle.

Lorsque l'occasion se présenta, il s'échappa et passa les vingt- quatre heures suivantes sur les carreaux. Livrée à elle même, la femme se promenait inconsolablement dans la maison, comme à la recherche d'un bonheur disparu, miaulant faiblement et plaintivement à elle- même d'une voix qui rappelait irrésistiblement Mélisandre dans l'opéra de Debussy.

"Je ne suis pas heureuse" semblait-elle dire. Et, pauvre petite bête, elle ne l'était pas. Elle n'arrêtait pas de miauler, et sa queue noire expressive faisait basculer l'air dans un geste tragique de désespoir. Mais à chaque fois ça tremblait, hop là ! de sous le fauteuil, de derrière la bibliothèque, partout où il se cachait en ce moment, a sauté son fils unique (le seul, c'est à dire que nous n'avions pas donné), a sauté comme un jouet tigre ridicule, toutes griffes dehors, sur la queue en mouvement.

La patience de la mère était angélique. Il n'y eu jamais de réprimandes ou de représailles punitives; quand l'enfant devenait trop intolérable, elle s'est simplement éloignée; c'était tout.Chacun purgeait seul sa peine d'emprisonnement à perpétuité. Il n'y avait aucune communication de cellule en cellule. Absolument aucune communication.Ces sermons chez les chats peuvent être extrêmement déprimants.

Une petite citation d'Aldous pour la fin ! :

"Pour son chien, tout homme est Napoléon. C'est ce qui explique la grande popularité des chiens."

 

*Yvette Guilbert : née en 1865, meurt en 1944 est une chanteuse française du café-concert, parolière, actrice, autrice et metteuse en scène.

*Félicien Rops : né à Namur en 1833, meurt dans l'Essonnes en 1898, est un peintre, dessinateur, illustrateur et graveur belge.

 

 

 

 

 

 

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