Louis-Ferdinand Céline et son chat Bébert.

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Louis-Ferdinand Céline fut un écrivain autant génial dans son style narratif, que détéstable dans la vision qu'il avait des êtres humains, en fait à part son chat et Hitler, il n'aimait personne, ce qui me paraît assez antinomique de la part d'un médecin.

Antisémite à mort, il proféra des propos racistes d'une violence inouïe, contre les juifs mais aussi contre les races non blanches en général. Il accusait les juifs de mettre en danger sa race, sous-entendu celle des pays "civilisés" (ben voyons), et aryennes, théorie chère à Hitler. Il ne se fut pas zigouiller en 1945 lors de l'épuration en grande partie car il avait reçu la croix de fer pour faits de bravoure lors de la première guerre mondiale, et qu'il fut blessé au bras, et non à la tête comme il l'eut prétendu (gros mytho). Céline n'aimait pas non plus les communistes (sur ça on pouvait approuver, le communisme ayant fait à peu près 100 millions de morts), mais aussi les populations occitanes, en gros tout ceux qui habitaient au sud de la Loire !

A l'époque et à sa décharge, les trois quart de l'Europe était antisémite, aussi monstrueux soit- elle, cela faisait parti de "la norme", un peu comme le rascisme envers les musulmans de nos jours, les boucs émissaires tournent d'une manière cyclique, au début du siécle en France, ce furent les italiens ! Il faut bien que les faibles d'ésprit trouvent un prétexte à leur médiocrité. Quand on n'y pense le racisme est partout et pour des raison incompréhensibles, comme le dit le chanteur Africain Alpha Blondy, le problème de l'Afrique, ce sont les africains (qui se massacrent entre eux), ou les catalans du nord des Pyrénées orientales qui regardent de travers les gens de l'Aude (à la frontière nord du département), et sont appelés d'une manière péjorative, les gabatchs (non civilisés) !

Même Daniel Cordier, le grand résistant et secrétaire de Jean Moulin était antisémite et adorateur de Maurras, figure de proue de "l'Action Française", un torchon d'extrême droite ultra violent qui ferait passer l'hebdomadaire "Minute" pour le supplément gadget de Pif, bon, Maurras n'aimait pas non plus les Allemands ni Hitler, ni les chats je présume, plus nihiliste que lui tu meurs...Cordier fit quand même son mea culpa quand, soit disant, il vit à Paris en 1943 pour la première fois l'étoile jaune apposée sur le pardessus d'un juif, et que quand même, on ne fiche pas les hommes comme du bétail...mouais, on veut bien le croire pour services héroïques rendus...(revoir l'interview télévisée très instructive de Régis Debray). 

Un résistant antisémite ça m'a toujours fait rire (jaune), tout comme un noir encarté au front national, ou un chasseur qui prétend aimer les animaux...

Aussi monstrueux soit-il, Céline reste l'un des écrivains Français les plus talentueux du XXème siècle, le "Voyage au bout de la nuit" (prix Renaudot 1932) étant novateur dans son style très travaillé, qui emprunte à l'argot et tend à s'approcher de l'émotion immédiate du langage parlé, aborde l'horreur du premier conflit mondial, des abus de la colonisiation entre autre. Ce roman rencontre un vif succés.

En 1936 il est invité sous l'influence d' Elsa Triolet (une bonne communiste et compagne d'Aragon ) en URSS, à son retour il écrit sont premier pamphlet : "Mea culpa" qui est une charge impitoyable contre une Russie bureaucratique et barbare (merci d'être venu ! ils n'ont pas dû le réinviter de sitôt !), puis il publie une série de pamphlets antisémites commençant en 1937 par "Bagatelle pour un massacre" puis en 1938, " L'école des cadavres". Les pamphlets rencontrent un grand succés, on peut y lire : "si demain Hitler me faisait des approches avec ses petites moustaches, je râlerais comme aujourd'hui sous les juifs. Mais si Hitler me disait "Ferdinand, c'est le grand partage on partage tout ! "il serait mon pote.". Comme c'est mignon...

Le "Voyage" est en fait une autobiographie, et Céline relate toute une partie de sa vie au travers de son anti-héro Férdinand Bardamu. Récit anti-militariste, anti-colonialiste, anti-capitaliste, pour Simone De Beauvoir, "un certain mépris haineux pour les petites gens qui est une attitude préfasciste". 

A partir de 1957, dans sa trilogie allemande, Céline relate son exil en Allemagne puis au Danemark, publiés successivement, "D'un château l'autre", "Nord", et "Rigodon". "D'un château l'autre" relate la fuite de dignitaires collabos du régime de Vichy devant la déroute des allemands et l'arrivée du Général Leclerc, dans le château de Sigmaringen en Allemagne (d'octobre 1944 à mars 1945). Là il retrouve la fine fleur de ce qui représente la lie de l'humanité, des collabos et pontes du régime de Vichy, comme Pétain ou Laval.

Céline se fait arréter et comdamner à un an de prison, une amende, une confiscation de la moitié de ses biens, et à l'indignité nationale, il négocie sa peine en France qu'il estime avoir déjà faite au Danemark, son avocat obtient son amnisitie au titre de "grand invalide de guerre" en présentant son dossier sous le nom de Louis Ferdinand Destouches (son vrai nom), sans qu'aucun magistrat ne fasse le rapprochement...ignoble jusqu'au bout, le collabo a eu chaud.

Louis Ferdinand Destouches meurt chez lui à Meudon en 1961, il est enterré discrètement en présence de sa fille, de sa veuve Lucette, de Roger Nimier, Claude Gallimard, Marcel Aymé et Lucien Rebatet (un écrivain fasciste pur sucre).

Je ne comprend pas cette adoration pour Céline, losque  je travaillais comme libraire à "l'ecume des pages" dans les années 90 à Saint-Germain Des- Prés, je me souviens qu'un collègue l'dôlatrait, c'était un grand type sec, brun avec les cheveux gominés en arrière, cassant et d'origine serbe, nous nous étions accroché  à propos de Cèline, (l'argot utilisé certes novateur mais sans le lyrisme dont la musique me convient mieux, l'homme détéstable qu'il fut, son aversion pour le genre humain et les minorités...), il le défendait bec et ongles, et conclue que de toute façon, tout le monde était antisémite et raciste à l'époque (ben non, heureusement).

En 2011, Frédéric Mitterand alors ministre de la culture souhaitait rendre hommage à Céline, Serge Klarsfeld (le célèbre chasseur de Nazis, dans ce cas là, je suis pour la chasse...), s'insurgea en déclarant :"Frédéric Mitterand doit renoncer à jeter des fleurs sur la mémoire de Céline, comme François Mitterand a finalement décidé de ne plus déposer de gerbe sur la tombe de Pétain". Frédéric Mitterand retira Céline de la liste des hommages.

Abordons maintenant le sujet principal: Bébert, après ce long paragraphe, pour situer l'homme, détéstable à la pensée noire à souhait. Mon interrogation est donc celle-ci, comme ce type pouvait- il aimer une bête ? 

Bébert est un personnage à part entière dans l'oeuvre de Céline, il apparaît d'abord dans "Féerie pour une autre fois" et "Normance" puis dans la trilogie allemande. Il est l'un des chats les plus connu de la littérature française.

En 1935, l'acteur Robert Le Vigan, comédien et ami de Céline achète un chat à la Samaritaine pour 39 francs, pour son épouse. Délaissé, il est récupéré en 1942 par Lucette Almonsor, l'épouse de Céline alors qu'ils vivent à Montmartre. Lorsque le couple fuit la France pour Sigmaringen, le chat est du voyage, et quand Céline rentre en France, Bebert est encore avec lui, à Meudon, il y meurt en 1952, à l'âge de dix sept ans.

Le choix du nom du chat n'est pas un hasard, puisque Bébert est le prénom de l'enfant qui meurt de maladie sous le regard impuissant de Ferdinand Bardamu, dans "voyage au bout de la nuit", les seuls êtres qui trouvent finalement grâce aux yeux de l'écrivain sont les enfants et les animaux auquels l'auteur dédie son dernier roman : Rigodon.

Au délà du rôle du personnage de Bébert important dans les romans, Céline porte un attachement particulier à ce chat, en captivité au Danemark, il parle abondament de Bébert dans sa correspondance avec sa femme, et il éprouve une réelle souffrance face à son abscence.

Dans "Féerie pour une autre fois", Céline parle de Bébert : "vous direz un chat c'est une peau ! pas du tout ! un chat c'est l'ensorcellement même, le tact en ondes...c'est tout en "brrt", "brrt" de paroles...Bébert en "brrt" , il causait, positivement. Il vous répondait aux questions...Maintenant il "brrt" "brrt" pour lui seul...Il répond plus aux questions...il monologue pour lui même...comme moi même...il est abruti comme moi même...

Bébert, son extraordinaire c'était la promenade, la balade, sa façon de nous suivre...mais pas pendant le jour, seulement le soir, et à condition qu'on lui cause..."ça va Bébert"..."brtt !"...Ah il en voulait !...Place blanche, la trinité, une fois les boulevards...(...) il était vadrouilleur de nuit...mais jamais tout seul, solitaire !...avec nous...avec moi seulement...et en parole tous les dix mètres...vingt mètres..."brrt brrt"...Une fois presque jusqu'à l'Etoile.

Il avait peur que des motos...S'il y en avait une dans la rue, même loin, il me jaillissait dessus à pleines griffes, il me sautait comme après un arbre..."

Bébert a accompagné Céline à Paris, Sigmaringen, Berlin, Copenhague, et Meudon, il a traversé une Alemagne en ruine sous les bombardements et dans le bruit de la flak, il a été un héro de roman, peu de chats ont eu cette vie là, mais le plus grand bonheur qu'il a dû avoir, est l'amour que lui portait son maître, bien plus aimable avec les animaux qu'avec les hommes.

"Notre vie est un voyage dans l'hiver et dans la nuit nous cherchons notre passage dans le ciel où rien ne luit" (chanson des gardes Suisses).Cette magnifique citation, pessimiste et sombre est bien à l'image de Céline, elle est anotée au début du"voyage au bout de la nuit".

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